Gosau, Narvik : la nouvelle carte de l'hiver 2026/27
Du Salzkammergut au cercle polaire, deux sites inédits, un Mondial en Valais et une finale dans l'Idaho : revue de détail avant Sölden
Un mois avant Sölden, le cirque blanc sort de l'été avec un palmarès olympique encore frais et une carte des étapes largement redessinée : 83 courses, un Mondial à Crans-Montana, deux sites inédits et une finale à Sun Valley. Revue de détail, calendrier en main.
Ce que 2025/26 nous a laissé
Au général, rien de neuf sous le soleil, du moins en apparence. Marco Odermatt a bouclé dès Courchevel, mi-mars, son cinquième gros globe, qui le place à hauteur de Marc Girardelli, avec au passage les petits globes de descente et de super-G. Seul le géant lui a échappé : sorti dès la première manche à Hafjell, il a laissé le trophée à Lucas Pinheiro Braathen, vainqueur ce jour-là et déjà champion olympique de la discipline un mois plus tôt.
Chez les dames, Mikaela Shiffrin a signé un sixième gros globe qui l'installe à égalité avec Annemarie Moser-Pröll, au terme d'un final plus serré que prévu. Emma Aicher, 22 ans, pouvait encore l'emporter au départ du dernier géant ; l'Américaine l'a finalement devancée de 87 points. Au passage, Shiffrin a porté son record à 110 victoires et remporté son neuvième globe de slalom.
Le récit le plus inattendu de l'hiver appartient toutefois à Laura Pirovano. Aucun podium en huit saisons de Coupe du monde, puis trois descentes gagnées d'affilée, dont deux au Val di Fassa par un centième chacune : l'Italienne a raflé le globe de la spécialité à Kvitfjell. Sofia Goggia (super-G), Julia Scheib (géant) et Atle Lie McGrath (slalom masculin) complètent le tableau.
Entre-temps, les Jeux de Milan-Cortina avaient consacré Franjo von Allmen, triple médaillé d'or (descente, super-G, combiné par équipes). Ils avaient aussi vu Federica Brignone réussir le doublé super-G et géant à domicile, et Shiffrin enlever le slalom avec 1,50 s d'avance.
Le calendrier, cœur de l'hiver
La FIS annonce 43 courses masculines sur 21 sites et 40 féminines sur 20 stations. Elle revendique aussi un meilleur équilibre entre vitesse et technique, gage d'équité dans la course au général. Le rituel d'ouverture ne bouge pas : géants de Sölden les 24 et 25 octobre, puis slaloms de Levi (14-15 novembre) et de Gurgl (21-22 novembre).
Un quart de la saison en Amérique du Nord
Vingt et une courses sur 83 se disputeront outre-Atlantique : dix-neuf aux États-Unis, deux au Canada. Les hommes enchaînent Copper Mountain (28-29 novembre) et Beaver Creek (3-6 décembre). Les dames retrouvent Killington, absent l'an dernier en raison du remplacement du télésiège de la Superstar, puis passent par Tremblant avant de s'attaquer à la Birds of Prey (11-13 décembre). Elles n'y avaient couru qu'une seule fois, en 2024, avec des victoires de Cornelia Hütter en descente et de Sofia Goggia en super-G.
Décembre : nocturnes et retour à Bormio
De retour en Europe, les hommes passent par Val d'Isère (12-13 décembre), qui n'accueille cette saison que le circuit masculin, puis par Val Gardena. Les dames enchaînent deux super-G et un géant à St. Moritz (18-20 décembre). Juste avant Noël, Alta Badia inaugure son premier slalom de nuit sous des projecteurs installés pour les Jeux. Suivent Courchevel pour les dames (22 décembre) et Madonna di Campiglio pour les hommes (23 décembre). Entre les fêtes, Bormio retrouve la Stelvio pour deux descentes (dont une le 28 décembre) et un super-G. La piste, sacrée olympique en février, n'a pas pour habitude de faire des cadeaux.
Au même moment, la Haute-Autriche fait son entrée. Gosau, au pied du Dachstein et aux portes du Salzkammergut, accueille ses premières courses sur le Hornspitz les 28 et 29 décembre. Les femmes n'avaient plus couru dans la région depuis 1992.
Janvier : la trilogie et les classiques
L'année 2027 s'ouvre à Kranjska Gora pour les hommes (2-3 janvier). Flachau offre aux dames un doublé nocturne géant et slalom (4-5 janvier), puis le Val di Fassa accueille la vitesse. Arrive ensuite le triptyque qui fait l'identité du circuit masculin : Adelboden (9-10 janvier), Wengen (15-17) et Kitzbühel (22-24), trois étapes présentes depuis la création de la Coupe du monde en 1967. Les dames filent à Cortina (15-17 janvier), à Kronplatz puis à Jasná, qui fait son retour. Schladming, Kranjska Gora pour les dames et le slalom de Chamonix (30 janvier) servent de dernière répétition avant les Mondiaux.
Février : Crans-Montana, puis la vitesse
Du 1er au 14 février, les Mondiaux reviennent en Valais, quarante ans après l'édition de 1987. Les hommes courront la descente sur la Piste Nationale, les dames sur le Mont Lachaux. Dans la foulée, le calendrier déroule surtout de la vitesse. Garmisch-Partenkirchen reçoit les hommes (20-21 février), puis les dames pour deux descentes (27-28 février) transférées depuis Lenzerheide, dont la partie haute du tracé pose problème. Lenzerheide conserve deux super-G (20-21 février), et Saalbach retrouve une descente et un super-G masculins.
Mars : du cercle polaire à l'Idaho
Kvitfjell accueille les hommes (6-7 mars) et Soldeu les dames (6-7 mars), à la place d'Åre, qui reçoit cette fois les techniciens (13-14 mars). Pour les dames, Narvik, au-delà du cercle polaire, doit faire ses débuts en Coupe du monde, à deux ans des Mondiaux de 2029. C'est la seule étape encore sous réserve : les travaux se poursuivent et le transfert vers les États-Unis reste à régler. La saison se referme à Sun Valley, pionnière des stations américaines, avec les finales du 20 au 25 mars.
Dates, horaires, dénivelés et fiches techniques des pistes : retrouvez chaque étape dans notre calendrier interactif 2026/27.
Ils ne seront pas au départ
La décision la plus attendue est tombée en août : Lara Gut-Behrami arrête. La Tessinoise part avec deux gros globes, sept petits globes, 48 victoires et 101 podiums en 395 départs. Elle souhaite préserver un corps qui, malgré les chutes, ne souffre d'aucune douleur chronique.
Côté masculin, Alexis Pinturault a refermé à Hafjell une carrière de 34 victoires et 77 podiums, gros globe 2021 compris, qui fait de lui le skieur français le plus titré de l'histoire. Il est accompagné par Adrien Théaux, qui raccroche à 41 ans, et par Dave Ryding, seul Britannique vainqueur en Coupe du monde (Kitzbühel, 2022). Ilka Štuhec, double championne du monde de descente, a fait ses adieux à Kvitfjell.
Lindsey Vonn, elle, ne sera pas au départ : un éventuel retour n'est pas envisageable avant 2027-28, et sa décision n'est pas prise. Deux dossiers restent ouverts. Federica Brignone, opérée une seconde fois fin août, vise Crans-Montana, où elle compte six victoires, sans avoir tranché ; si elle revient, ce sera « probablement » sa dernière saison. Quant à Marcel Hirscher, la FIS doit se prononcer sur son statut : il n'a utilisé que trois de ses vingt invitations.
Les enjeux
Chez les dames, le duel Shiffrin–Aicher tient lieu de fil rouge. L'Allemande ne cache pas qu'elle vise le gros globe, et le calendrier rééquilibré ne devrait pas déplaire à une skieuse capable de marquer dans toutes les disciplines. Camille Rast et Sofia Goggia, troisième et quatrième du général, ne manqueront pas de s'inviter dans la conversation.
Chez les hommes, Odermatt peut devenir le deuxième skieur le plus titré au général, seul derrière les huit globes de Hirscher. Il devra composer avec von Allmen en vitesse et avec le tandem Pinheiro Braathen–Meillard en technique.
Crans-Montana, enfin, coupe l'hiver en deux. Avec trois semaines d'Amérique du Nord en décembre et une finale dans l'Idaho, la gestion des voyages pèsera autant que la forme du jour. Rendez-vous le 24 octobre sur le Rettenbach.