Il y a des pays où le slalom va de soi. La Finlande y a cru, du temps de Kalle Palander et de Tanja Poutiainen. Puis le silence est retombé sur les pistes de Laponie. Eduard Hallberg est en train de le rompre, et son secret tient en un mot : la Norvège.
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Le choix d’Oppdal
Il a grandi à Sipoo, au sud du pays, loin des grandes pentes. À 14 ans, il prend une décision que peu d’adolescents oseraient : partir pour Oppdal, en Norvège. Il y suit sa scolarité et s’entraîne dans le système norvégien, celui-là même qui a formé Timon HauganNOR. Changer de pays à cet âge, c’est changer de langue, d’école et de méthode d’un coup.
« C’était une étape vraiment importante, et un choix important pour moi », a-t-il raconté au magazine Ski Racing. Le pari se lit vite : victoires en Coupe d’Europe à Kläppen et à Hafjell, médaille d’argent du géant aux Mondiaux juniors de St. Anton, en 2023. Ce virage-là ne se voyait pas sur les feuilles de résultats de la Coupe du monde. Il annonçait pourtant tout le reste.
Levi, un dimanche de novembre
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Le 16 novembre 2025, le slalom de Levi se court devant le public finlandais. Parti avec le dossard 29, Hallberg termine troisième, derrière Lucas Pinheiro BraathenBRA et Clément NoëlFRA. C’est son premier podium en Coupe du monde. Aucun skieur finlandais n’était encore monté sur la boîte à Levi ; chez les dames, seule Tanja Poutiainen l’avait fait, la dernière fois en 2012. Il faut remonter au géant d’Alta Badia, le 16 décembre 2007, et à Kalle Palander, pour trouver le précédent podium masculin finlandais. On a connu des débuts plus discrets. Ce dimanche-là, le Brésil fêtait aussi sa première victoire en Coupe du monde : Levi était le jour des petites nations.
Neuf jours plus tôt, Ski25 présentait les « Fearless Finns », Hallberg en tête, dans sa série consacrée à Levi. Il n’a pas tardé à justifier sa place.
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Madonna, puis Hafjell
Le 7 janvier 2026, à Madonna di Campiglio, il part avec le dossard 21 et mène après la première manche. Sur le second tracé, il ne signe que le onzième temps. Clément Noël en profite et le devance à l’arrivée. Deuxième, après avoir tenu la victoire une manche durant. Le troisième podium vient en mars, aux finales de Hafjell, où il remonte de la huitième à la troisième place en seconde manche. Il boucle l’hiver huitième de la discipline. Un an plus tôt, il pointait au 88e rang du général ; le voici 21e.
Bormio, l’apprentissage
À Bormio, où se courent les épreuves masculines des Jeux, la chance ne lui sourit pas en individuel : il sort en géant comme en slalom. Mais dans le combiné par équipes, associé à Elian Lehto, il signe le cinquième temps du slalom et la Finlande prend la neuvième place. La vitesse est là. Il reste à l’assembler sur deux manches, un jour de grand rendez-vous.
La percée s’est faite sous la direction de l’Autrichien Mario Rafetzeder, entraîneur des Finlandais depuis 2022. La fédération s’en est séparée en juin 2026 et a rappelé Janez Slivnik, qui connaît bien la maison.
Pourquoi on le suit
Hallberg coche toutes les cases de ce que Ski25 aime raconter : une petite nation du ski alpin, un parcours choisi à l’adolescence, une progression qui se lit dans les chiffres. La Finlande attend une victoire masculine depuis décembre 2007. Lui parle de la sienne sans détour : « J’ai l’impression que c’est assez proche. » En novembre, Levi lui offrira l’occasion de le vérifier, devant les siens.