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JO Bormio : Braathen offre au Brésil son premier or olympique d’hiver, Odermatt encore frustré

Lucas Pinheiro Braathen a réalisé vendredi un exploit historique en remportant le géant olympique de Bormio (2:25.00), offrant au Brésil et à l’Amérique du Sud leur toute première médaille d’or olympique d’hiver. Le Brésilien de 25 ans, parti avec le dossard 1, a dominé la première manche avec 0.95 seconde d’avance (plus grand écart depuis 1988) puis géré intelligemment la deuxième sur neige lourde pour battre Marco Odermatt (+0.58) et Loïc Meillard (+1.17). Odermatt quitte Milano-Cortina avec trois médailles mais aucun or individuel (4e descente, bronze Super-G, argent team combined, argent géant). La Suisse place trois skieurs dans le top 4 (Odermatt, Meillard, Tumler). Léo Anguenot termine 6e, meilleure performance française depuis le bronze de Faivre en 2022.
JO Bormio : Braathen offre au Brésil son premier or olympique d’hiver, Odermatt encore frustré
Men giant slalom Bormio 2026 OWG © Independent Photo Agency/Alamy Live News
JO Milano-Cortina 2026 - Géant hommes Bormio
JO Milano-Cortina 2026 · Bormio · Géant Hommes

Sous les flocons et la pluie d'un 14 février brumeux à Bormio, Lucas Pinheiro Braathen a écrit la plus belle page de l'histoire olympique sud-américaine. Premier dossard à s'élancer sur la Stelvio, le Brésilien de 25 ans a posé un chrono stupéfiant en première manche (1:13.92), reléguant Marco Odermatt à 95 centièmes — l'écart le plus important après une première manche de géant olympique depuis 1988.

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Sur une neige rendue lourde par les précipitations, la deuxième manche a révélé deux facettes de sa maîtrise. L'analyse des intermédiaires est limpide : dans le secteur 2, le cœur du tracé, Braathen a trouvé le compromis parfait entre fluidité et engagement, signant le 3e temps de ce secteur derrière Joan Verdú et Odermatt. Là où les conditions piégeuses invitaient à la prudence excessive, il a gardé la glisse, préservant son avance confortable pour s'imposer en 2:25.00, 58 centièmes devant le champion olympique sortant.

En découvrant le chiffre « 1 » au tableau d'affichage, Braathen s'est effondré dans la neige avant de laisser éclater un cri de joie. Sur son casque, l'inscription « Vamos Dançar » — « Dansons » — prenait enfin tout son sens. À Milan, à la Casa Brasil, les supporters en vert et jaune ont trinqué à la caipirinha pour célébrer un titre qui transcende le ski alpin.

Podium Géant Olympique
  • 🥇 Lucas Pinheiro BRAATHEN (BRA) - 2:25.00
  • 🥈 Marco ODERMATT (SUI) - 2:25.58 (+0.58)
  • 🥉 Loïc MEILLARD (SUI) - 2:26.17 (+1.17)

1er or olympique hiver Amérique du Sud

La malédiction d'Odermatt

Pour Marco Odermatt, ces Jeux resteront ceux de la frustration. Le leader incontestable de la Coupe du monde quitte Bormio sans le moindre or individuel : 4e en descente, bronze en super-G, argent en combiné par équipes, argent en géant. Son excellent run 2 (6e temps) n'a pas suffi à combler le retard de la première manche, mais le Suisse a signé une seconde manche remarquable dans le secteur 2, trouvant lui aussi le compromis fluide requis par les conditions.

Derrière Odermatt, la Suisse place trois skieurs dans le top 4 avec Loïc Meillard (bronze) et Thomas Tumler (4e), confirmant la profondeur de banc exceptionnelle de Swiss-Ski à Bormio, où la fédération a dominé les épreuves masculines tout au long des Jeux sous l'impulsion spectaculaire de Franjo von Allmen (triple champion olympique).

Top 10
  1. Lucas Pinheiro BRAATHEN (BRA) - 2:25.00
  2. Marco ODERMATT (SUI) - 2:25.58 (+0.58)
  3. Loïc MEILLARD (SUI) - 2:26.17 (+1.17)
  4. Thomas TUMLER (SUI) - 2:26.45 (+1.45)
  5. Atle Lie MCGRATH (NOR) - 2:26.82 (+1.82)
  6. Léo ANGUENOT (FRA) - 2:26.99 (+1.99)
  7. Henrik KRISTOFFERSEN (NOR) - 2:27.04 (+2.04)
  8. Stefan BRENNSTEINER (AUT) - 2:27.23 (+2.23)
  9. Marco SCHWARZ (AUT) - 2:27.28 (+2.28)
  10. Joan VERDÚ (AND) - 2:27.29 (+2.29)

Anguenot, le cœur et le regret

Léo Anguenot avait promis d'« y aller avec le cœur, pour notre équipe ». C'est exactement ce qu'il a fait. Cinquième après une première manche solide, le skieur de La Clusaz termine 6e au général, la meilleure performance française dans un géant olympique masculin depuis le bronze de Mathieu Faivre à Pékin. L'analyse sectorielle montre qu'il a concédé l'essentiel de son retard dans le secteur 2 de la deuxième manche (+0.51), cette zone plate où la glisse faisait la différence. Mais sa régularité sur les deux manches témoigne d'une maturité qui augure bien pour le slalom.

Déception en revanche pour Alban Elezi Cannaferina, 31e de la première manche et éliminé de la qualification. Le jeune Français de 22 ans, qui avait réalisé une belle 15e place en super-G, n'a pas trouvé ses marques en géant.

Analyse Sectorielle - Manche 2

Secteur 2 (cœur technique) :

  • Meilleur temps : Joan VERDÚ (AND)
  • 2ème : Marco ODERMATT (SUI)
  • 3ème : Lucas BRAATHEN (BRA)

Zone clé : fluidité > agressivité sur neige lourde

La révélation Verdú

Joan Verdú termine 10e avec le meilleur temps de la deuxième manche, signant le meilleur résultat olympique de l'histoire de l'Andorre. Son secteur 2 fut le plus rapide de tous les concurrents, confirmant son intelligence tactique et sa capacité à lire les conditions changeantes.

Conditions de Course
  • Météo : Neige et pluie, brouillard
  • Neige : Lourde, dégradée par précipitations
  • Secteur clé : S2 (fluidité décisive)
  • Marge R1 : 0.95 sec (plus grand écart depuis 1988)

Braathen : l'histoire d'une renaissance

C'est la première médaille d'or olympique d'hiver jamais remportée par un pays sud-américain, tous sports confondus. Le précédent meilleur résultat était une 9e place d'Isabel Clark Ribeiro en snowboard cross pour le Brésil à Turin 2006. Braathen lui-même avait abandonné dans les deux épreuves à Pékin 2022. L'arc de rédemption est complet.

Né à Oslo d'un père norvégien et d'une mère brésilienne, Braathen a grandi dans le système norvégien et remporté le globe de slalom pour la Norvège avant de se retirer en 2023 suite à des tensions avec la fédération. Son retour sous les couleurs brésiliennes en 2024 a été fulgurant : victoires à Alta Badia et Adelboden cette saison, et maintenant l'or olympique.

Braathen - Parcours
  • : Oslo, Norvège (mère brésilienne)
  • 2023 : Retrait ski norvégien
  • 2024 : Retour sous couleurs brésiliennes
  • 2025-26 : Victoires Alta Badia, Adelboden
  • 14 fév 2026 : Or olympique géant

Pékin 2022 : DNF géant + slalom

McGrath et Kristoffersen : les Norvégiens partagés

Pour la Norvège, les sentiments sont mélangés. Atle Lie McGrath termine 5e après avoir signé le meilleur temps du secteur 4, démontrant la meilleure fin de course du plateau. Henrik Kristoffersen, 7e, a décrit la première manche comme « comique » et admis avoir perdu une ligne au milieu du parcours.

Le talent que la Norvège a formé danse aujourd'hui en vert et jaune. À Oslo comme à Rio, l'histoire de Braathen résonne différemment — mais partout, elle fascine.

Performances Notables
  • 🇦🇹 Marco SCHWARZ : 18e → 9e (2ème meilleur temps R2)
  • 🇦🇩 Joan VERDÚ : Meilleur temps R2, 10e (record Andorre)
  • 🇫🇷 Léo ANGUENOT : 6e (meilleur français depuis Faivre 2022)
  • 🇳🇴 Atle Lie McGrath : Meilleur temps S4

Et maintenant ?

Le slalom masculin, lundi 17 février, sera la dernière épreuve alpine de ces Jeux. Braathen, spécialiste de la discipline (globe 2023), y sera favori. Odermatt, lui, cherchera à exorciser la frustration d'une quinzaine sans or individuel — même si peu de champions peuvent se targuer de quatre médailles olympiques en deux semaines.

Mais ce soir, c'est le Brésil qui danse. Vamos Dançar.

À Retenir
  • 🥇 Braathen (BRA) : 1er or hiver Amérique du Sud, tous sports
  • 📊 Marge R1 : 0.95 sec (plus grand écart depuis 1988)
  • 🥈 Odermatt (SUI) : 4 médailles, 0 or individuel Milano-Cortina
  • 🇨🇭 Suisse : 3 dans top 4 (Odermatt, Meillard, Tumler)
  • 🇫🇷 Anguenot 6e : Meilleur français depuis Faivre bronze 2022
  • 🇦🇩 Verdú 10e : Meilleur temps R2, record Andorre
  • 🌨️ Conditions : Neige lourde, pluie, S2 décisif
  • 📅 Slalom H : 17 février (dernière épreuve alpine)
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Un Géant Universel : 69 Nations, 5 Continents

Le géant olympique de Bormio restera dans l'histoire comme l'une des courses les plus cosmopolites jamais organisées. 69 skieurs de 5 continents ont franchi la ligne d'arrivée, transformant la Stelvio en une célébration planétaire du ski alpin.

Des quatre coins du monde :

  • 🇰🇪 Kenya : Issa Gachingiri Laborde dit Peré (66e)
  • 🇪🇷 Érythrée : Shannon Abeda (69e)
  • 🇮🇷 Iran : Mohammad Kiyadarbandsari (61e)
  • 🇹🇭 Thaïlande : Fabian Wiest (60e, 16 ans)
  • 🇭🇰 Hong Kong : Adrian Yung (68e)
  • 🇹🇹 Trinité-et-Tobago : Nikhil Alleyne (52e)
  • 🇭🇹 Haïti : Richardson Viano (44e)
  • 🇲🇬 Madagascar : Mathieu Gravier (57e)
  • 🇧🇳 Bénin : Nathan Tchibozo (48e, 20 ans)

De l'Albanie (Denni Xhepa, 34e) au Kazakhstan (Rostislav Khokhlov, 51e, 17 ans), de l'Uruguay (Nicolas Pirozzi Mayer, 36e) à la Géorgie (Luka Buchukuri, 56e), cette course incarne l'universalité olympique. Tous ont skié sur la même piste légendaire, tous ont partagé le même rêve.

Le plus jeune finisher : Lasse Gaxiola (MEX), 16 ans — 53e