Connexion Inscription

JO Bormio : Von Allmen dans la légende avec un triplé historique, Allègre à 3 centièmes du podium

Franjo von Allmen a réalisé mercredi un exploit historique en remportant le Super-G olympique de Bormio (1:25.32), son troisième titre en cinq jours après la descente et le combiné par équipes. Le Suisse de 24 ans rejoint Jean-Claude Killy et Toni Sailer comme seuls skieurs à avoir remporté trois ors lors d'une même édition des Jeux. Il devient également le premier homme à réaliser le doublé descente-Super-G olympique. L'Américain Ryan Cochran-Siegle décroche l'argent (+0.13), son deuxième consécutif dans la discipline, tandis que Marco Odermatt sauve un bronze frustré (+0.28). Nils Allègre, héroïque avec le dossard 1, échoue pour trois centièmes au pied du podium après une semaine olympique remarquable (8ème descente, 5ème team combined, 4ème Super-G).
JO Bormio : Von Allmen dans la légende avec un triplé historique, Allègre à 3 centièmes du podium
Von Allmen (SUI) wins Super G in Bormio OWG 2026 : 3rd gold medal 2026© CTK Photo/David Tanecek
JO Milano-Cortina 2026 - Super-G hommes Bormio
JO Milano-Cortina 2026 · Bormio · Super-G Hommes

Trois courses, trois titres olympiques. Franjo von Allmen a achevé ce mercredi matin un triplé historique en s'imposant sur le Super-G de la Stelvio, à Bormio, en 1:25.32. Le Bernois de 24 ans, déjà sacré en descente et en combiné par équipes, rejoint Jean-Claude Killy (Grenoble 1968) et Toni Sailer (Cortina 1956) comme seuls skieurs alpins masculins à avoir remporté trois titres olympiques lors d'une même édition des Jeux. L'Américain Ryan Cochran-Siegle, fidèle à ses habitudes olympiques en Super-G, décroche l'argent (+0.13), tandis que Marco Odermatt sauve un bronze (+0.28) qui ne masque pas sa frustration. Nils Allègre, admirable ouvreur avec le dossard 1, échoue au pied du podium pour trois centièmes — un crève-cœur à la hauteur de sa semaine exceptionnelle.

```
Podium Super-G Olympique
  • 🥇 Franjo VON ALLMEN (SUI) - 1:25.32
  • 🥈 Ryan COCHRAN-SIEGLE (USA) - 1:25.45 (+0.13)
  • 🥉 Marco ODERMATT (SUI) - 1:25.60 (+0.28)

3ème or olympique von Allmen Milano-Cortina 2026

Von Allmen, le supersonique suisse

L'adjectif « historique » est galvaudé dans le sport. Pas cette fois. En cinq jours sur la Stelvio, Franjo von Allmen a repoussé les limites de ce qu'un skieur alpin peut accomplir sur une même édition olympique. Or en descente samedi, or en combiné par équipes lundi avec Tanguy Nef, or en Super-G ce mercredi : le Bernois est le premier homme à réaliser le doublé descente-Super-G aux Jeux, un exploit que seule Michaela Dorfmeister avait accompli chez les femmes, à Turin en 2006.

Il est aussi le premier Suisse couronné en Super-G olympique masculin — une statistique qui en dit long sur l'ampleur de sa performance dans un pays qui a dominé le ski de vitesse ces dernières décennies sans jamais décrocher ce titre précis. Avec trois ors olympiques, il rejoint Vreni Schneider comme seul représentant de Swiss-Ski à totaliser autant de sacres aux Jeux.

La veille de la course, von Allmen avait pourtant mesuré ses ambitions avec une humilité désarmante : "Je ne me sens pas vraiment comme la star du ski alpin ici aux Jeux. Pour une troisième médaille d'or, il faudrait que toutes les planètes soient alignées."

Elles l'étaient. Parti avec le dossard 7 sur une piste encore en excellent état, le Suisse a signé un run d'une maîtrise absolue, conjuguant prise de risque et précision chirurgicale sur un tracé exigeant — du saut du San Pietro à la longue courbe en dévers de la Carcentina. Treize centièmes d'avance sur Cochran-Siegle, qui avait pourtant brièvement mené : une marge confortable dans cette discipline où tout se joue au couteau.

Top 10
  1. Franjo VON ALLMEN (SUI) - 1:25.32
  2. Ryan COCHRAN-SIEGLE (USA) - 1:25.45 (+0.13)
  3. Marco ODERMATT (SUI) - 1:25.60 (+0.28)
  4. Nils ALLÈGRE (FRA) - 1:25.63 (+0.31)
  5. Raphael HAASER (AUT) - 1:25.89 (+0.57)
  6. Giovanni FRANZONI (ITA) - 1:25.95 (+0.63)
  7. Vincent KRIECHMAYR (AUT) - 1:26.10 (+0.78)
  8. Fredrik MOELLER (NOR) - 1:26.12 (+0.80)
  9. Stefan ROGENTIN (SUI) - 1:26.14 (+0.82)
  10. Alexis MONNEY (SUI) - 1:26.22 (+0.90)

Cochran-Siegle : l'homme du Super-G olympique

Il y a des athlètes que les grands rendez-vous transforment. Ryan Cochran-Siegle en fait partie. À Pékin en 2022, le Vermontais avait décroché l'argent en Super-G, à quatre centièmes de Matthias Mayer. Quatre ans plus tard, le revoilà sur la deuxième marche, cette fois à treize centièmes de von Allmen. Deux Jeux, deux argent dans la même discipline : une constance remarquable pour un skieur souvent en retrait sur le circuit de Coupe du monde.

L'histoire familiale ajoute une couche d'émotion. Sa mère Barbara Cochran avait remporté l'or olympique en slalom à Sapporo en 1972, et Ryan est le sixième olympien de cette dynastie du Vermont. Un détail n'a pas échappé aux observateurs : sa seule victoire en Coupe du monde en Super-G remontait à 2020… à Bormio. Le terrain lui réussit décidément.

Parti avec le dossard 3, Cochran-Siegle a mené brièvement la course avant que von Allmen ne le relègue. Quand Odermatt, dossard 10, a commis une petite erreur à mi-parcours qui l'a empêché de prendre l'argent, la position de l'Américain s'est solidifiée. Un scénario idéal pour un skieur de 33 ans qui avait défié les pronostics en se fracturant une vertèbre cervicale à Kitzbühel en 2021.

Odermatt : le bronze de la déception

Le bilan olympique de Marco Odermatt sur ces Jeux de Milan-Cortina se dessine en demi-teintes. Quatrième de la descente, médaillé d'argent du combiné par équipes avec Loïc Meillard, le voilà avec un bronze en Super-G — discipline dont il a remporté le globe de cristal trois saisons consécutives. Deux médailles (une argent, un bronze) là où beaucoup l'attendaient au sommet de chaque podium.

Sur la piste, Odermatt a livré un run en dents de scie. Très rapide dans le haut du tracé — plus de 107 km/h au pointage vitesse —, il a commis un petit écart après le San Pietro qui l'a fait décrocher du rythme idéal. Visiblement frustré à l'arrivée, le Nidwaldien a vu s'éloigner une nouvelle fois l'or olympique qui aurait consacré sa domination sur le circuit. Il reste le géant pour corriger le tir.

Nils Allègre : Le Crève-Cœur

4ème - 1:25.63 (+0.31) - 3 centièmes du podium

💬 "J'ai la rage. J'ai les boules parce que ma carrière c'est toujours un peu comme ça. Y'a des mecs, ils ont toujours les centièmes de leur côté et moi non."

Bilan JO : 8ème descente, 4ème Super-G, 5ème Team Combined (+0.13 du bronze)

Allègre : le crève-cœur d'un homme qui a tout donné

Trois centièmes. Trente millièmes de seconde. C'est le gouffre infime qui sépare Nils Allègre d'une médaille olympique en Super-G. Le skieur de Serre-Chevalier, dossard 1, avait ouvert la Stelvio avec un run d'une propreté remarquable — appliqué dans le haut, économe en chemin, sans erreur majeure — pour poser le chrono de 1:25.63. Un temps qui tiendra face à quasiment tout le plateau, sauf les trois hommes devant lui.

"J'ai la rage. J'ai les boules parce que ma carrière c'est toujours un peu comme ça. Y'a des mecs, ils ont toujours les centièmes de leur côté et moi non", confiait-il au micro de France 2, la voix chargée d'émotion. La frustration est légitime : abonné aux quatrièmes places en Coupe du monde, Allègre avait déjà été quatrième en descente et en Super-G à Val Gardena cette saison, à respectivement quatre et sept centièmes du podium. Sur ces Jeux, il ajoute une huitième place en descente, une cinquième en combiné par équipes (à treize centièmes du bronze), et maintenant cette cruelle quatrième place.

Pourtant, à prendre du recul, les Jeux de Nils Allègre sont une réussite. Trois épreuves, trois top 10 sur la piste la plus exigeante du circuit — la Stelvio de Bormio —, une régularité de métronome au plus haut niveau mondial. Le public français a découvert un compétiteur fiable, engagé et capable de jouer les premiers rôles face aux meilleurs du monde. L'absence de « breloque » ne doit pas occulter l'essentiel : Allègre a franchement rempli son contrat olympique.

"J'ai un mélange de beaucoup de fierté sur l'ensemble de ma semaine et beaucoup de déception", résumait-il avec lucidité. Les centièmes ne sont pas toujours justes. Mais le talent et l'engagement, eux, ne mentent jamais.

Le tracé et les conditions : un Super-G à deux vitesses

Le tracé proposé sur la Stelvio était unanimement salué : technique, engagé, avec le spectaculaire saut du San Pietro (environ 50 mètres) et la piégeuse Carcentina comme points de bascule. Un vrai Super-G de championnat, qui a départagé les coureurs sur leur capacité à allier vitesse et lecture de trajectoire.

Mais la course a été marquée par une évolution rapide des conditions. Sous un beau soleil matinal, la luminosité a progressivement décliné et la piste s'est sensiblement dégradée au fil des passages. Les premiers dossards ont bénéficié d'une neige plus ferme et d'une meilleure visibilité — un avantage dont Allègre (dossard 1), Cochran-Siegle (3) et von Allmen (7) ont clairement profité. Les quatre premiers du classement portaient tous un dossard inférieur à 10.

À l'inverse, les skieurs partis plus tard ont peiné à trouver le rythme sur une piste de plus en plus marquée. Seul Vincent Kriechmayr (dossard 15, 7e) a réussi à tirer son épingle du jeu dans la seconde partie du champ de départ.

Faits de Course
  • 🇨🇭 Domination suisse : 4 dans top 10 (von Allmen, Odermatt, Rogentin, Monney)
  • 💔 Dominik Paris DNF : Déchaussé dès premiers virages (erreur réglage)
  • 🇮🇹 Franzoni 6ème : Confirme après argent descente
  • 🇫🇷 Alban Elezi Cannaferina 15ème : 22 ans, très honorable 1ers JO
  • 📉 Mattia Casse 24ème : Leader CDM Super-G, jamais dans le rythme
  • 🚫 3 DNF : Paris (ITA), Alphand (FRA), Radamus (USA)

Les faits de course

La domination suisse est le fait collectif de cette course : quatre représentants dans le top 10 (von Allmen, Odermatt, Rogentin, Monney), un schéma de puissance qui rappelle les grandes heures de l'équipe autrichienne des années 2000.

Dominik Paris, sept fois vainqueur en Coupe du monde sur cette Stelvio qu'il connaît par cœur, a vécu un cauchemar. Le « Roi de Bormio » a déchaussé dès les premiers virages, victime d'une probable erreur de réglage. Pour celui qui avait décroché son premier bronze olympique en descente samedi, la désillusion est immense.

Giovanni Franzoni (6e) confirme son statut de nouvelle force du ski italien de vitesse après l'argent en descente. Mattia Casse (24e), pourtant leader du classement de Coupe du monde de la discipline, n'a jamais trouvé le rythme.

Côté français, Alban Elezi Cannaferina (15e à 22 ans) signe un résultat très honorable pour sa première épreuve olympique individuelle en vitesse. Nils Alphand n'a pas eu cette chance : il compte parmi les trois abandons (DNF) avec Paris et l'Américain Radamus.

Triplé Historique von Allmen
  • 🥇 Descente (7 février) : 1:51.61
  • 🥇 Team Combined (9 février) : Avec Tanguy Nef
  • 🥇 Super-G (11 février) : 1:25.32

Rejoint Killy (1968) et Sailer (1956) : Seuls skieurs 3 ors mêmes JO

1er doublé descente-Super-G masculin histoire olympique

1er Suisse champion olympique Super-G masculin

Et maintenant ?

Von Allmen peut-il poursuivre sa moisson ? Le programme alpin de ces Jeux lui offre encore le géant, discipline où il n'est pas favori, mais où l'on n'ose plus rien lui interdire. Odermatt, justement, y est attendu comme l'incontestable patron — c'est là qu'il avait décroché son premier or olympique à Pékin. La revanche se jouera peut-être entre les piquets bleus.

Quant à Allègre, il peut quitter Bormio la tête haute, avec la conviction d'avoir skié au meilleur de son niveau sur les trois épreuves de vitesse. Les centièmes ne sont pas toujours justes. Mais le talent et l'engagement, eux, ne mentent jamais.

Prochaines Étapes - Ski Alpin
  • 14 février : Géant dames (Cortina)
  • 15 février : Géant hommes (Bormio) - Odermatt favori
  • 16 février : Slalom dames (Cortina)
  • 17 février : Slalom hommes (Bormio)
À Retenir
  • 🥇🥇🥇 Von Allmen : Triplé historique (descente, team combined, Super-G)
  • 👑 Rejoint Killy & Sailer : 3 ors mêmes JO olympiques
  • 🥈 Cochran-Siegle : 2e argent Super-G olympique consécutif (2022, 2026)
  • 🥉 Odermatt : Bronze frustré, 3x globe Super-G
  • 💔 Allègre 4ème : 3 centièmes du podium, semaine remarquable
  • 🇨🇭 Suisse : 4 dans top 10
  • 🇮🇹 Franzoni 6ème : Confirme après argent descente
  • 😔 Paris DNF : Déchaussé, erreur réglage
  • 🇫🇷 Elezi Cannaferina 15ème : Belle performance 22 ans
  • ⛷️ Conditions : Premiers dossards avantagés
```