Giovanni Franzoni (ITA) a remporté la prestigieuse descente de Kitzbühel sur la mythique Streif en 1:52.31, devançant de justesse Marco Odermatt (SUI, +0.07) et Maxence Muzaton (FRA, +0.39). L'Italien de 24 ans, parti avec le dossard 2, a signé sa première victoire en descente deux semaines avant les Jeux olympiques à domicile, devant 45 000 spectateurs et un plateau de célébrités incluant Arnold Schwarzenegger, Jürgen Klopp et Zlatan Ibrahimovic. Performance collective remarquable des Français avec cinq représentants dans le top 20.
```- Giovanni Franzoni (ITA) – 1:52.31
- Marco Odermatt (SUI) – +0.07
- Maxence Muzaton (FRA) – +0.39
4. Florian Schieder (ITA) +0.67 | 5. Nils Allegre (FRA) +0.68
Franzoni : l'éclosion d'un champion avant les JO
Parti en deuxième position, Giovanni Franzoni a signé le temps de référence que personne n'a pu battre sur l'intégralité du parcours. L'Italien, ancien champion du monde junior en descente, super-G et combiné, avait connu une longue traversée du désert avant de monter sur son premier podium en Coupe du monde le mois dernier (3e d'un super-G en Italie).
Cette victoire intervient huit jours après son premier succès en carrière, également en super-G à Wengen. Franzoni est le premier vainqueur non-suisse en descente cette saison, mettant fin à la domination helvétique (Odermatt avait gagné trois des quatre descentes précédentes, von Allmen l'autre).
L'Italien a rendu un vibrant hommage à son ami et ancien colocataire Matteo Franzoso, décédé lors d'un entraînement au Chili en septembre dernier : « C'est fou, je tremble encore. J'ai ressenti l'énergie, la foule, sur la piste. Je vis pour ces émotions », a-t-il déclaré à la télévision allemande ARD, visiblement bouleversé.
Odermatt : encore si proche du Graal
Marco Odermatt a vu son rêve de victoire sur la Streif s'envoler pour sept petits centièmes. Le Suisse, leader de la Coupe du monde générale, s'est appuyé sur ses poings et a enfoui sa tête dans ses mains en signe de déception après son arrivée, tandis que Franzoni soufflait de soulagement depuis le fauteuil du leader.
Pour Odermatt, c'est une troisième place de dauphin à Kitzbühel en descente, après avoir déjà terminé deuxième en 2023 et 2024. Le Nidwaldien avait pourtant remporté le super-G la veille sur la même piste, sa deuxième victoire consécutive dans cette discipline à Kitzbühel.
Odermatt reste l'un des rares champions à ne pas avoir conquis la descente de Kitzbühel. Seuls cinq hommes dans l'histoire ont remporté l'or olympique, l'or mondial, le classement général de la Coupe du monde ET la descente du Hahnenkamm : Stephan Eberharter (AUT), Hermann Maier (AUT), Lasse Kjus (NOR), Pirmin Zurbriggen (SUI) et Jean-Claude Killy (FRA).
- Maxence Muzaton – 3e : Podium surprise avec dossard 29
- Nils Allegre – 5e : Confirmation après sa 5e place au SG
- Alban Elezi Cannaferina – 12e : Dossard 55/58 !
- Charles Gamel Seigneur – 15e : Dossard 50
- Matthieu Bailet – 16e : Solide dans le top 20
Cinq Français dans les 20 premiers sur la piste la plus exigeante du circuit !
Muzaton : le podium de la maturité
Maxence Muzaton, 34 ans, a créé la sensation en montant sur le podium de la descente la plus prestigieuse du calendrier. Parti avec le dossard 29, le Français a mené pendant une partie de sa course avant de terminer à 39 centièmes de Franzoni.
Cette troisième place constitue un accomplissement majeur pour le skieur de Megève, qui n'avait jamais obtenu de podium en Coupe du monde en descente. Muzaton avait pris la cinquième place du super-G la veille, confirmant son excellente forme du moment.
Les Français brillent collectivement
Au-delà du podium de Muzaton, c'est toute l'équipe de France qui a impressionné sur la Streif. Nils Allegre (5e, +0.68) a confirmé sa belle performance du super-G où il avait également terminé cinquième, s'affirmant comme l'un des meilleurs descendeurs français.
La révélation française du week-end s'appelle Alban Elezi Cannaferina, qui a terminé 12e (+1.44) avec le dossard 55 sur 58 partants ! Le jeune Français (23 ans) avait déjà impressionné la veille avec une 12e place au super-G malgré le dossard 55.
Charles Gamel Seigneur (15e, +1.55, dossard 50) et Matthieu Bailet (16e, +1.59) ont complété une démonstration collective française sur la piste la plus redoutée du circuit.
Von Allmen : la chute après l'envol
Franjo von Allmen, deuxième du super-G la veille derrière Odermatt, a connu une mésaventure spectaculaire. Le Suisse a mené Franzoni à chacun des cinq premiers pointages intermédiaires, avec jusqu'à deux dixièmes d'avance, avant de perdre complètement son avantage.
Von Allmen a failli sortir de piste juste avant d'entrer dans la pente finale, perdant toute sa vitesse et terminant finalement à une décevante 16e place ex-aequo. Cette contre-performance prive le champion du monde en titre d'un probable podium, voire d'une victoire.
- Longueur totale : 3 312 mètres
- Dénivelé : 860 mètres (départ 1 665 m, arrivée 805 m)
- Pente moyenne : 27% (15,1°)
- Pente maximale : 85% (40,4°) à la Mausefalle
- Vitesse moyenne : Plus de 100 km/h
- Vitesse maximale : Jusqu'à 140 km/h au Zielschuss
- Record du parcours : 1:51.58 (Fritz Strobl, AUT, 1997)
- Nombre de portes : 31
Sections clés
- Startschuss : 160 m, 51% de pente, 100 km/h en 8,5 secondes
- Mausefalle : Section la plus raide (85%), sauts jusqu'à 80 m
- Steilhang : Pente glacée exigeant un contrôle parfait des carres
- Hausbergkante : Compression à 3,5 g suivie d'un virage gauche
- Traverse : Passage en dévers sur terrain irrégulier (90-105 km/h)
- Zielschuss : 63% de pente, section la plus rapide (>140 km/h)
« Il n'y a pas d'autre ligne de départ où règne un tel calme. C'est une atmosphère très spéciale. » — Michael Huber, président du comité d'organisation
Autres performances notables
Florian Schieder (ITA, 4e, +0.67) a complété un excellent résultat italien avec trois skieurs dans le top 7. Dominik Paris (ITA, 7e, +0.93), triple vainqueur de la Streif (2013, 2017, 2019), et Mattia Casse (ITA, 11e, +1.40) ont également brillé à deux semaines des JO à domicile.
Niels Hintermann (SUI, 6e, +0.71) a signé un excellent résultat pour confirmer sa forme du moment, tandis que Miha Hrobat (SLO, 9e, +0.96) a encore marqué des points précieux.
Le champion en titre James Crawford (CAN) n'a terminé que 23e (+1.65), incapable de défendre sa couronne dans des conditions difficiles. L'Autrichien Vincent Kriechmayr, vainqueur en 2022, s'est classé 13e (+1.48).
- Giovanni Franzoni (ITA) – 1:52.31
- Marco Odermatt (SUI) – +0.07
- Maxence Muzaton (FRA) – +0.39
- Florian Schieder (ITA) – +0.67
- Nils Allegre (FRA) – +0.68
- Niels Hintermann (SUI) – +0.71
- Dominik Paris (ITA) – +0.93
- Luis Vogt (GER) – +0.95
- Miha Hrobat (SLO) – +0.96
- Felix Monsen (SWE) – +1.26
- Mattia Casse (ITA) – +1.40
- Alban Elezi Cannaferina (FRA) – +1.44
- Vincent Kriechmayr (AUT) – +1.48
- Cameron Alexander (CAN) – +1.49
- Charles Gamel Seigneur (FRA) – +1.55
- Matthieu Bailet (FRA) – +1.59
- Franjo von Allmen (SUI) – +1.59 (ex-aequo)
- Erik Arvidsson (USA) – +1.60
- Wiley Maple (USA) – +1.60 (ex-aequo)
- Blaise Giezendanner (FRA) – +1.63
6 Français dans le top 20 !
Contexte olympique : signal fort des Italiens
Cette victoire de Franzoni, associée aux excellents résultats de Schieder, Paris et Casse, envoie un message fort aux rivaux à deux semaines des Jeux olympiques de Milan-Cortina. L'Italie alignera une armada redoutable en descente sur la piste de la Stelvio à Bormio le 7 février.
Franzoni aborde les JO avec une confiance au zénith : « Je ne sais pas, en ce moment j'essaie juste de profiter d'aujourd'hui. J'arriverai avec beaucoup de confiance ».
Top 5
- Giovanni Franzoni (ITA) – 1:52.31
- Marco Odermatt (SUI) – +0.07
- Maxence Muzaton (FRA) – +0.39
- Florian Schieder (ITA) – +0.67
- Nils Allegre (FRA) – +0.68
Autres Français : Alban Elezi Cannaferina 12e (dossard 55), Charles Gamel Seigneur 15e (dossard 50), Matthieu Bailet 16e, Blaise Giezendanner 16e ex-aequo.
Odermatt avait remporté le super-G de justesse devant von Allmen (+0.03)
Contexte et affluence exceptionnelle
Le week-end du Hahnenkamm constitue l'événement majeur de la saison de Coupe du monde, avec 45 000 spectateurs présents sur place pour la descente du samedi. Les courses de Kitzbühel offrent les dotations les plus élevées du circuit, avec 101 000 euros pour chacun des trois vainqueurs du week-end.
Parmi les personnalités présentes : l'ancien gouverneur de Californie et star du cinéma d'action Arnold Schwarzenegger, l'ancien manager de Liverpool Jürgen Klopp, la légende du football Zlatan Ibrahimovic, et les icônes du ski Ingemar Stenmark et Franz Klammer.
- Franzoni : Première victoire en descente, 2e succès en Coupe du monde en 8 jours
- Odermatt : 3e place de dauphin à Kitzbühel en descente, à 0.07 seulement
- France : Performance collective exceptionnelle (6 dans le top 20)
- Muzaton : Premier podium en descente à 34 ans (dossard 29)
- Italie : Signal olympique fort (3 dans le top 7)
- Elezi Cannaferina : 12e avec dossard 55, révélation française
Prochaine étape : Slalom dimanche 25 janvier
Le week-end du Hahnenkamm se conclut ce dimanche avec le slalom sur le Ganslern (première manche à 10h30, deuxième manche à 13h30, heure locale).
Les regards seront tournés vers les spécialistes de la discipline pour la dernière course technique avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina.
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