Tarvisio n’a pas seulement remis une ligne sur le calendrier : la Di Prampero a remis tout le monde à l’endroit. Visibilité changeante, relief qui oblige à “tenir” la glisse, et ce brouillard au milieu du tracé qui transforme chaque prise d’info en pari. La course a été marquée par une interruption assez longue après un incident, et la neige a évolué à mesure que les dossards défilaient.
Dans ce décor, Nicol Delago a réussi ce que la descente récompense rarement par hasard : une manche sans bruit, sans excès, et pourtant pleine. Pas la plus démonstrative aux radars, mais la plus cohérente dans le fil de la pente — celle qui gaspille le moins, qui relance quand il faut, et qui garde ses trajectoires propres quand la visibilité se referme.
Derrière, Kira Weidle-Winkelmann confirme son retour au premier plan sur les épreuves de vitesse. À +0,20, l’Allemande n’était pas loin : une descente solide, tendue, où chaque dixième se paie au prix fort dans les zones aveugles et les transitions.
Et Lindsey Vonn continue d’installer sa saison comme une suite logique. Troisième à +0,26, elle signe un cinquième podium en cinq descentes cet hiver. À Tarvisio, elle a encore flirté avec la limite : l’attaque, parfois, t’emmène un peu trop large — et le moindre détour coûte instantanément sur une piste qui ne pardonne pas.
L’image du jour est aussi italienne et familiale : Nadia Delago, dossard 29, se glisse dans le top 10 pendant que Nicol s’offre enfin la marche qui lui manquait. À Tarvisio, l’Italie ne gagne pas seulement du temps : elle gagne une scène.
Repères
- 1. Delago (ITA) 1:46.28
- 2. Weidle-Winkelmann (GER) +0.20
- 3. Vonn (USA) +0.26
- 10. Nadia Delago (ITA) +1.15 (dossard 29)
- France : Romane Miradoli 17e
- Abandons : aucun DNF ; 1 DNS (Garance Meyer, FRA)