Val Gardena n’a pas attendu la descente officielle pour bousculer la hiérarchie de la vitesse. En deux courses seulement — une descente de reprise et un Super-G — la Saslong a déjà rappelé ce qui fait sa singularité : une piste capable d’installer les références… mais aussi d’ouvrir brutalement le jeu.
Jeudi, Marco Odermatt s’est imposé en descente. Vendredi, il pensait avoir fait le plus dur en Super-G. Mais Val Gardena a rappelé une règle immuable : ici, rien n’est jamais verrouillé trop tôt.
Super-G hommes — Zabystran, le coup d’éclat total
Le Super-G de Val Gardena a livré l’une des plus grandes surprises de ce début de saison. Jan Zabystran s’impose avec le dossard 29, signant la première victoire tchèque de l’histoire en Coupe du monde masculine. Un exploit net, sans appel, construit sur une lecture parfaite du Ciaslat et une gestion remarquable des sections rapides.
Son temps — 1:24.86 — n’a jamais été battu. Même Marco Odermatt, pourtant très engagé et longtemps en vert, a dû s’incliner. Le Suisse termine deuxième à 22 centièmes, devant Giovanni Franzoni, qui offre à l’Italie un podium inattendu sur sa piste fétiche.
- 1. Jan Zabystran (CZE) — 1:24.86
- 2. Marco Odermatt (SUI) — +0.22
- 3. Giovanni Franzoni (ITA) — +0.37
- Nils Allègre 4e, Matthieu Bailet 5e
À 27 ans, Zabystran transforme une saison jusque-là discrète en moment historique. Huitième à Kvitfjell en mars dernier, il n’avait jamais approché une victoire. À Val Gardena, il a tenu tête à Odermatt dans le secteur le plus exigeant du tracé — là où beaucoup ont perdu la course.
Odermatt — solide, mais encore sans victoire en Super-G sur la Saslong
La veille, Marco Odermatt avait remporté la descente de reprise, signant sa 50e victoire en Coupe du monde. En Super-G, il pensait tenir sa sixième victoire de l’hiver après avoir coupé la ligne en tête provisoire. Mais la Saslong lui résiste encore dans cette discipline.
Très engagé, parfois à la limite, le Suisse a montré qu’il restait la référence. Mais le Super-G de Val Gardena confirme une statistique tenace : depuis son arrivée sur le circuit, Odermatt n’a jamais remporté cette épreuve ici. Un détail… jusqu’à ce qu’il cesse d’en être un.
La descente de reprise — un premier repère, sans verdict définitif
Courue jeudi en remplacement de l’épreuve annulée à Beaver Creek, la descente n’avait pas vocation à livrer un verdict définitif sur Val Gardena. Elle a néanmoins offert un premier état des forces en présence.
Odermatt s’y est imposé devant Franjo von Allmen et Dominik Paris, confirmant son statut de référence absolue en descente. Nils Allègre et Nils Alphand ont suivi de près, soulignant la densité d’un plateau où les écarts restent infimes.
- 1. Marco Odermatt (SUI)
- 2. Franjo von Allmen (SUI)
- 3. Dominik Paris (ITA)
Cette course a servi de révélateur de forme et de réglages, mais sans valeur de conclusion pour la Saslong. La véritable course de référence reste celle programmée demain.
Une semaine de vitesse encore ouverte
En deux courses, Val Gardena a déjà montré deux visages. La descente de reprise a confirmé les hiérarchies attendues. Le Super-G, lui, a ouvert une brèche. La station italienne n’a pas encore livré sa vérité complète.
Ce début de semaine suggère une vitesse masculine moins verrouillée qu’il n’y paraît. Derrière Odermatt, les équilibres restent fragiles, et la capacité à répéter des courses propres devient déterminante.
La descente programmée demain sur la Saslong sera la première véritable épreuve de référence du site italien cette saison. Après une course de reprise et un Super-G marqué par la surprise Zabystran, elle devra répondre à plusieurs questions ouvertes.
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Odermatt peut-il imposer sa loi ici ?
Vainqueur de la descente de reprise, deuxième du Super-G, le Suisse reste la référence. Confirmer sur la descente renforcerait encore son statut de patron de la vitesse. -
Les outsiders peuvent-ils s’installer ?
Zabystran, Franzoni, Allègre ou von Allmen ont montré qu’un coup d’éclat est possible. Reste à savoir si l’un d’eux peut transformer l’essai. -
Quelle hiérarchie en descente ?
Paris, Murisier, Rogentin ou Casse restent en embuscade. La descente dira si la discipline se resserre ou si une figure dominante se détache. -
La Saslong comme juge de paix
Longue, rapide, exigeante, elle ne pardonne pas les approximations. Ici, la répétabilité compte autant que l’exploit.
Val Gardena n’a donc pas encore rendu son verdict. Mais en deux jours, elle a déjà rappelé l’essentiel : sur la Saslong, la vitesse ne se proclame pas — elle se confirme.